Ce qui fait vibrer son cœur

En parallèle de son travail, la jeune fille trouve son équilibre et sa joie dans de nombreuses passions qui illuminent son quotidien. Elle aime la broderie, la musique vietnamienne, le đàn tranh, la guitare qu’elle apprend en autodidacte, ainsi que la langue chinoise qu’elle étudie avec curiosité et plaisir.

Petite, elle n’allait jamais faire les courses et ne savait même pas coudre. Mais tout a changé lorsqu’elle est partie étudier à l’étranger : elle a découvert en elle une envie nouvelle de créer, d’apprendre et de s’exprimer autrement.

L’une de ses premières broderies représente la Tour Eiffel. Elle l’a réalisée en 2008, peu après l’obtention de son Master. Elle l’a ensuite offerte à ses parents, comme une façon douce de leur dire qu’elle avait grandi, qu’elle avait construit son chemin, mais qu’elle n’avait jamais oublié d’apprendre à regarder la vie autrement — à la contempler, à la ressentir, et surtout à la vivre pleinement.

Ce tableau a une place toute particulière dans le cœur de sa mère, au point d’être précieusement conservé comme un trésor. Son père, lui, ne disait pas grand-chose, mais sa fierté était silencieuse et sincère.

Depuis l’enfance, elle aimait le đàn tranh. Mais à l’époque, sa mère ne souhaitait pas qu’elle en joue, pensant que cet instrument pouvait apporter de la tristesse. Ce n’est que bien plus tard, à l’âge de 39 ans, qu’elle a enfin eu l’occasion d’apprendre à en jouer. Elle a alors compris que cette musique n’était pas seulement un loisir, mais une véritable passion, ainsi qu’un moyen de faire vivre et partager la culture vietnamienne avec ses amis internationaux — une manière intime et précieuse de porter le Vietnam en elle.

La guitare, elle, est arrivée comme un défi personnel. Elle l’a apprise seule, surtout pour pouvoir jouer pour son père, qui traversait une période de maladie et de grandes douleurs, avec des nuits difficiles et sans sommeil. Malgré les imperfections, les fausses notes ou les accords hésitants, son père restait son premier et plus fidèle public.

Chaque soir, elle lui jouait quelques morceaux, simplement pour l’apaiser, pour lui tenir compagnie à sa manière. Puis un jour, son père est parti. Et avec elle, le silence a pris une autre dimension. Depuis, la guitare résonne autrement — chargée de souvenirs, d’amour et d’une absence que le temps n’efface pas.

Quant à la langue chinoise, tout a commencé par une passion inattendue : les films de kung-fu et les séries historiques. Curieuse, elle a décidé d’apprendre simplement pour comprendre les dialogues en version originale. Elle a ainsi suivi 100 heures de cours et obtenu le HSK 2 avec un excellent score de 193/200. Elle rêve de passer le HSK 3, même si le temps lui manque encore. Elle continue malgré tout à écouter et à progresser, doucement, à son rythme, en attendant le bon moment pour aller plus loin.

Aujourd’hui encore, elle avance avec ces passions comme compagnons de route. Elles sont pour elle des refuges, des souvenirs vivants et des ponts entre les cultures, les générations et les émotions. Et peut-être que, quelque part, chacun de ces gestes — broder, jouer, apprendre — est une façon de continuer à faire vivre ce qu’elle aime profondément.

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑