Plus les années passaient, plus la petite fille comprenait que l’on ne mesure véritablement l’importance de ses racines qu’une fois loin de chez soi.
Le Vietnam n’était plus seulement le pays où elle était née. C’était devenu un trésor de souvenirs, rempli des visages de sa famille, des rires de ses amis, des couleurs de son enfance et d’une partie de sa jeunesse. Un morceau de son cœur qu’elle avait emporté avec elle sans même s’en rendre compte.
Il lui arrivait souvent, dans les rues de Paris, d’entendre soudain quelques mots en vietnamien. Alors, presque instinctivement, elle se retournait pour chercher du regard la personne qui venait de parler. Et bien souvent, un sourire apparaissait sur son visage. Un sourire simple, discret, mais sincère. Celui que l’on ressent lorsqu’on retrouve, l’espace d’un instant, un peu de chez soi au détour d’une rue.
Cet amour pour son pays était silencieux, mais profondément ancré en elle.
Puis la petite fille est devenue maman à son tour. Et avec ses enfants est née une nouvelle responsabilité : celle de transmettre. Elle souhaitait qu’ils puissent parler vietnamien, comprendre leurs origines, connaître l’histoire et les traditions qui avaient façonné une partie de leur identité.
C’est ainsi qu’elle a poussé la porte de l’Union Générale des Vietnamiens de France UGVF. Au départ, elle cherchait simplement un lieu où ses enfants pourraient apprendre la langue vietnamienne et grandir au contact de cette culture qui lui était si chère.
Mais comme souvent dans sa vie, une simple démarche s’est transformée en une belle aventure humaine.
Pas à pas, elle s’est rapprochée de l’association, de ses membres et de ses activités. Elle y a retrouvé cette chaleur, cette générosité et ce sentiment d’appartenance qui lui rappelaient son pays natal. Naturellement, elle a eu envie de s’investir davantage et d’apporter sa pierre à l’édifice.
Aujourd’hui, aux côtés de nombreux bénévoles passionnés, elle participe à la préservation et à la transmission de la langue et de la culture vietnamiennes. Pour les jeunes générations nées loin du Vietnam, mais aussi pour toutes celles et ceux, Français ou étrangers, qui souhaitent découvrir et comprendre la richesse de cette culture.
Car la petite fille a compris une chose essentielle : aimer son pays ne signifie pas seulement s’en souvenir. C’est aussi partager son histoire, transmettre ses valeurs et faire vivre sa culture au-delà des frontières.
Et chaque fois qu’elle voit un enfant prononcer ses premiers mots en vietnamien, découvrir une chanson traditionnelle ou s’émerveiller devant une coutume de ses ancêtres, elle se dit que le voyage commencé bien des années auparavant continue encore aujourd’hui, d’une autre manière.
Le Vietnam n’est plus seulement son pays natal. Il est devenu un héritage qu’elle porte dans son cœur et qu’elle espère transmettre, à son tour, aux générations qui suivront. 💛🇻🇳

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